Canyon de Colca, premier treck dans la vallée des merveilles

Premier treck de notre voyage, venez avec nous découvrir un  des plus beau coin du Pérou : le Canyon de Colca !

L’aventure commence en bus

Comme souvent, l’aventure commence dans un bus. Le départ d’Arequipa est un peu chaotique, il faut s’extirper de la circulation dense de la ville. Pour les gringos comme nous, la ville se réduit a une dizaine de rues qui donnent son nom à la ville blanche. Mais quand s’élève la route, les demeures avec patio laissent place à de petits immeubles et maisons en briques qui semblent toujours en chantier. A chaque carrefour, des vendeuses ambulantes interpellent « ¡juegos! » « ¡Choclo con queso! » et dans cette circulation qui paraît anarchique pour nous (la priorité à droite ou aux piétons n’existent pas), chacun semble trouver sa place à coups de klaxons.

Puis les habitations deviennent plus disparates et les paysages plus désertiques. Une longue file de camions tentent laborieusement de gravir la pente. L’altitude rend l’avancée très lente. Notre bus zigzag entre eux au klaxon. La route s’allonge et devient plus rectiligne. On accède aux plateaux andins à plus de 3 000m d’altitude. Les volcans Misty, Sabancaya et Ampato nous surveillent. L’éruption du second produit le seul nuage à l’horizon, réchauffant le troisième qui avait pendant des siècles conservé la momie d’une princesse inca… Sur les plateaux quasi désertiques, les vigognes sont reines et semblent indifférentes à la chaleur et au manque d’oxygène. La route jusqu’au col est lente, nos sensations se modifient à l’approche des 5 000 mètres d’altitude.

On redescend enfin pour arriver à Chivay, porte d’entrée du Canyon de Colca. Si nous n’étions alors que des touristes (dont beaucoup de français), les locaux profitent ici du bus pour rentrer chez eux et beaucoup se retrouvent debouts et serrés dans l’allée centrale avec leurs marchandises plus ou moins fragiles. De 50 places assises, on doit être facilement 75 dans le bus. Mais peu importe le poids et les freins qui crient, le chauffeur reprend sa conduite sportive et arrive encore à faire monter du monde !

De Chivay a Cabanaconde, notre destination à l’autre bout de la vallée, nous découvrons cette vallée un peu hors du temps et magnifique. Malgré le climat aride, à près de 3 200m, c’est le vert des cultures en terrasses qui domine. Ici le travail dur et encore manuel se reflète dans les visages burinés des hommes et les mains fortes et rugueuse des femmes. A 19h, nous arrivons à Cabanaconde. Nous retrouvons deux français croisés dans le bus, Delphine et Kevin, pour aller manger une pizza, avant de nous écrouler dans notre lit.

Le lendemain, nous avons choisis de visiter le village et ses alentours. Une petite chapelle surplombant la ville et deux points de vues pour reconnaître d’en haut ce qui nous attend les trois prochains jours…

Jour 1 : Condors et « hots springs »

Réveil matinale à 6h (un réveil presque normal ici où le soleil est déjà levé depuis presque 2h…) il est temps d’attaquer les choses sérieuses, petit déjeuner et en route !

Le début de la randonnée longe le haut du Canyon dans des paysages toujours superbes. ne petite heure après, la descente commence dans un passage assez raide. Nous avons alors la chance de voir deux condors voler dans le ciel, assez près pour bien les distinguer. En regardant bien, on aperçevoit même le nid qu’ils gardent. La descente en zigzag s’accentue, et à 9h a peine, il fait déjà très chaud !

Nous atteignons le fonds du canyon, où l’on nous a promis un geyser, mais qui n’est plus que quelques bulles dans l’eau depuis le dernier tremblement de terre. Après encore une petite heure de marche nous arrivons à Llaluhar… et ses piscines chaudes ! On y rencontrera un belge, trois argentins et deux français avec qui nous passons l’après midi et la soirée dans l’eau.

Jour 2 : Chaleur et ferveur péruvienne

Pas encore totalement extirpés de notre eaux a 38° et après une courte nuit dans une cabane, le réveil sonne à 5h et il faut se remettre en marche pour une journée qui s’annonce plus monotone que la veille. En effet, l’on suivra aujourd’hui le canyon du côté opposé, sur une large piste en terre (certains dirait route), où passent quelques bus et 4×4. Si la vue est impressionnante, le chemin est long et monte de façon interminable dans une chaleur étouffante dès le matin. Heureusement, un compagnon à quatre pattes nous suit et nous fait rire en courant après chaque véhicule qui passe.

Arrivés enfin au sommet, nous apercevons un grand amphithéâtre de cultures en terrasse qu’il nous faut traverser pour rejoindre Sengalle. L’on peut enfin quitter la route pour un petit sentier et traverser des champs de cactus.

On arrive à notre hébergement assez tôt pour profiter de la piscine (non chauffée cette fois, faut pas abuser). Le gérant et son staff sont en effervescence : ce soir le Pérou joue contre l’Argentine et à 2 journée de la fin des qualifications pour la coupe du monde, les rouge et blanc gardent une chance d’aller en Russie. Ce serait une première depuis près de 30 ans ! Aux infos tout le pays se prépare et tout le monde porte la camiseta de l’équipe.

Avec l’arrivée de plusieurs groupes, la soirée est animée ! Dans ce coin perdu est sans connections, la mini télé de notre hôtel rassemble près de 50 personnes ! Le match est tendu mais le Pérou tient le nul en Argentine ! Les locaux, déjà bien borrachos, poursuivent la fête alors que les clients vont se coucher, car demain, la dernière étape est courte mais difficile…

Jour 3 : Un retour qui pique les jambes

Pour une fois, on arrive à surprendre le soleil en se levant à 4h30. La dernière étape est prévue en trois ou quatre heures mais en une montée de 1 200m de dénivelés positifs ! On part donc à la fraîche en espérant ne pas subir la chaleur. La montée zigzag dans la montagne et on tire la langue… Les mules, habituées au parcours nous doublent sans forcer. L’ascension est longue mais grâce aux délicieuse oranges de l’hôtel, on en vient à bout, fatigués mais heureux !

On retrouve nos sacs et beaucoup de personnes croisées en chemin au centre du village, le temps d’un bon petit dej, et on remonte dans le bus pour Arequipa. Le retour se déroule à l’envers de l’allée, on quitte cette valle de las maravillas avec une pointe de tristesse et de nostalgie…

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